M-collection

Cadran-calendrier

11.06.2017 - 30.05.2021

L’histoire de l’éternité

Le temps est partout. Il guide nos vies. Pourtant, il n’a pas toujours été perçu de la même manière. Sa perception est étroitement liée à notre image du monde. Dans cette salle nous nous arrêtons un moment sur le « temps » tel que mesuré par un chef-d’œuvre très particulier : le Cadran-Calendrier.

Une horloge multifonctionnelle

Lorsqu’on entre dans cette salle, on se retrouve immédiatement face au Cadran-Calendrier. Ce qui saute aux yeux, dès le premier regard, ce sont les scènes détaillées et colorées qui le composent. Mais cette impressionnante pièce de collection avait à l’origine également une fonction utilitaire : c’était le cadran d’une horloge, intégrant un calendrier et des éléments astrologiques. Si le mécanisme a disparu, les dizaines de scènes peintes sur le panneau en chêne ont heureusement été assez bien préservées. Le cadran comporte une série de cercles concentriques ayant chacun sa fonction propre. Cela va d’un cercle représentant les jours ou les mois de l’année à un autre qui permet de voir quelle planète influence votre vie, votre comportement ou votre profession. Par exemple, les sujets influencés par Saturne étaient voués à mener une vie d’infirme ou de mendiant.

La perception du temps : cyclique puis linéaire

Mais pourquoi tous ces éléments ont-ils tellement été mis en évidence sur le Cadran-Calendrier ? Faisons un bond dans le passé pour expliquer les nombreuses différences par rapport à nos montres et horloges du 21e siècle.  Le Cadran-Calendrier date des environs de 1500. À l’époque, le temps était perçu comme un cycle qui ne cessait de se répéter. L’astrologie, par ailleurs, était très populaire ; les gens croyaient que les planètes influençaient tous les aspects de leur vie. Ce cadran nous replonge donc dans la pensée médiévale où l’homme, le temps, la nature et l’univers constituaient un tout. Dans la création de Dieu, tout était interconnecté.

 

Plus tard, l’astronomie a perdu de son intérêt pour être réduite à l’état de superstition. De plus, à partir du 18e siècle, la perception du temps change. De cyclique, on le perçoit désormais comme linéaire. Ce changement est une véritable révolution culturelle puisque chacun se met à découvrir et à apprécier sa propre histoire ainsi que l’importance du patrimoine.

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! » Charles Baudelaire, L’horloge, Les Fleurs du mal, 1857