Coxcie « corrige » L'Agneau mystique

À la fin des années 1550, Coxcie déménage à Gand afin d'y copier le célèbre Agneau mystique des frères Van Eyck, comme le lui a ordonné Philippe II. Bien entendu, le roi aurait préféré acquérir l'original ; mais puisque l'Église l'en empêche, il charge Coxcie de réaliser une copie. Un atelier lui est tout spécialement aménagé dans la chapelle de L'Agneau mystique ; ainsi l'œuvre précieuse ne doit pas être déplacée.

 

Quand le polyptyque aux douze panneaux est achevé après plus d'un an de travail, Philippe II le fait transporter à Madrid. L'œuvre y reste jusque 1808, quand les Français s'en emparent et vendent chaque panneau séparément. L'exposition à M réunit tous les panneaux pour la première fois depuis lors.
 

En examinant attentivement le tableau, l'on s'aperçoit que Coxcie n'a pas réalisé une simple copie de l'œuvre de Jan et Hubert Van Eyck. En tant que pionnier de nouvelles tendances, il a tenté – comme à son habitude – d'y introduire de légères innovations et de « corriger » le travail des frères Van Eyck. De plus, il a intégré un autoportrait à l'œuvre. Venez le chercher à M ! Peter Carpreau, commissaire

Selon un auteur du XVIIe siècle, c'est Titien qui, à la demande de Coxcie, lui envoya de Venise le pigment ultramarin dont il avait besoin et qui n'était pas disponible aux Pays-Bas. Coxcie fut généreusement rémunéré pour la réalisation de cette copie : il reçut 2000 ducats !