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'En mouvement'

Numéro deux de M
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Jusqu'il n'y a pas si longtemps, la religion déterminait entièrement la vie quotidienne. Les fêtes et rituels religieux rythmaient l'année et soudaient les communautés. Si aujourd'hui ces traditions nous sont moins familières, de nombreux objets qui y jouaient un premier rôle ont été conservés, entre autres au M. Dans la nouvelle présentation de collection intitulée ‘En mouvement’, vous êtes invités à découvrir une superbe sélection de tels souvenirs. Les commissaires de l'exposition, Marjan Debaene et Ko Goubert, donnent plus de détails.

Joseph De Backer

Statue de procession de Notre-Dame-de-Bon-Secours

Porter une statue de saint en procession à travers les rues était une tâche ardue, surtout lorsque l'objet était vêtu d'opulents habits et couvert d'ornements d'argent. Afin de décharger les porteurs, des statues de procession creuses étaient fréquemment utilisées. Seuls le buste et les bras de ces statues sont en bois polychromé, tandis que le reste du corps est en lattes ou chevrons de bois. L'expo ‘En mouvement’ comprend cette statue de procession de la Vierge provenant de l'église Saint-Jacques de Louvain, une remarquable nouvelle acquisition du M. Autour de la vitrine sont exposés des habits utilisés pour vêtir les statues de la Vierge dans d'autres églises de Louvain.

Anne Van Aerschot

Couronnes pour une statue de la Madone, Malines, vers 1855-1865

Dans l'histoire de l'art aussi, les prestations des femmes restent trop souvent dans l'ombre. Ces deux couronnes portent le poinçon d'Anne Van Aerschot (1814-1890), fille d'une famille louvaniste d'orfèvres et de fondeurs de cloches. Elle était connue sous le nom de « Veuve Van Beveren », car elle avait repris l'atelier de son mari décédé, François Henri Van Beveren (1812-1854). Elle ne gérait pas seulement l'affaire, comme cela se faisait souvent, mais elle avait aussi fait enregistrer son poinçon de maître personnel – comprenant ses initiales ! Elle a continué son activité professionnelle jusqu'à sa mort.

Jean Mayné

‘La Procession du Saint-Sacrement’, 1878

Par une journée de printemps ensoleillée, une procession du Saint-Sacrement traverse les rues de Bruxelles. On a l'impression de respirer les volutes d'encens, de sentir les chauds rayons du soleil qui dansent sur les objets d'orfèvrerie brillants et les tenues blanches. Jean Mayné (1854-1924) a peint cette œuvre pendant sa dernière année d'études à l'Académie de Bruxelles, dans la même classe que James Ensor. La composition soignée fait ressortir le point focal rituel de la procession, le prêtre élevant l'ostensoir, le récipient richement orné servant à exposer aux yeux des fidèles l'hostie consacrée. Mais elle représente aussi le reste du long cortège, qui a déjà tourné le coin de la rue.

Gabriel Cantillion

Ostensoir rayonnant, Louvain, 1715–1718

Selon la doctrine catholique, le Saint Sacrement est l'hostie consacrée où est présent le corps du Christ. Elle était exposée à l'adoration des fidèles dans un ostensoir, un récipient en métal précieux. Les ostensoirs en forme de soleil rayonnant, comme celui-ci, sont apparus à la Contre-Réforme. Les épis de blé et les pampres tout autour de la lunule symbolisent le corps et le sang du Christ. Le pied est orné de Notre-Dame des Sept Douleurs et de saint Georges, saint patron des arbalétriers. Ces deux personnages renvoient à l'ancienne chapelle des arbalétriers, Notre-Dame-hors-les-Murs, pour laquelle avait été réalisé l'objet.

Joos Pauwels

Reliquaire de saint Hubert, Louvain, 1483

Les reliquaires contiennent des fragments de dépouilles de saints ou d'objets associés à leur personne. À la fin du Moyen Âge, nombre de ces objets adoptaient le langage formel de l'architecture ecclésiastique. Pour d'autres pièces, la forme reflétait le contenu – il y avait ainsi des reliquaires en forme de de croix ou de parties du corps. Ce reliquaire est un cas à part, puisqu'il est encastré dans un bois de cerf en argent. Sa forme particulière évoque la légende de saint Hubert de Liège (vers 665-727). Lors d'une partie de chasse un Vendredi saint, ce jeune noble avait vu le Christ sur la Croix lui apparaître parmi la ramure d'un cerf et s'était aussitôt converti. Plus tard il a été nommé évêque, d'abord de Maastricht et de Tongres, puis de Liège – d'où la présence de l'ange à la mitre face à Hubert agenouillé.
 

Wolfgang De Smet (attribué à)

Les six maîtres de la confrérie du Saint-Sacrement du Miracle, en adoration devant la relique du Saint-Sacrement

Ce portrait de groupe évoque l'une des principales reliques de Louvain au Moyen Âge, le Saint-Sacrement du Miracle, une moitié d'hostie devenue chair selon la légende. Le tableau est probablement dû au peintre louvaniste Wolfgang de Smet, qui l'aurait réalisé à la demande des six dirigeants ou « maîtres » de la confrérie du Saint Sacrement du Miracle. Ces hommes sont représentés dans l'intérieur de l'église du prieuré des augustins où était adorée la relique. Sur la poitrine, à gauche, ils arborent l'emblème de la confrérie, un insigne cruciforme inspiré du reliquaire qui repose sur l'autel.

Croix reliquaire du Saint-Sacrement du Miracle, Louvain, 1804

Le Saint-Sacrement du Miracle était conservé dans un reliquaire cruciforme. À la fin du XVIIIe siècle, sous la domination française, la relique a été sauvée de la destruction par les frères augustins de Louvain ; son adoration en l'église Saint-Jacques a commencé en 1803. La croix reliquaire médiévale, visible sur le portrait de groupe de la confrérie, a été perdue et les religieux ont fait réaliser ce nouvel exemplaire à partir de l'ancien reliquaire. Plus tard, il a été orné de précieux joyaux sertis de diamants, dont avaient des Louvanistes fortunés fait don au Saint-Sacrement en remerciement de grâces obtenues. Le premier dimanche après la Pentecôte, la croix reliquaire était portée en procession à travers les rues de Louvain.

Lucas I Floquet (attribué à), d'après Dieric Bouts

Plateau de Jean-Baptiste, Anvers, vers 1600-1625

8. Pour les croyants, les images de piété sculptées ou peintes étaient sources d'inspiration, de protection et de consolation. L'exemple sans doute le plus choquant, connu sous le nom de ‘Plateau de Jean-Baptiste’, représente la tête coupée de Jean le Baptiste. La Bible relate qu'après que Salomé ait fait décapiter le prophète, la tête du jeune homme lui fut remise sur un plateau. En Europe occidentale le culte de Jean-Baptiste a pris son envol en 1200. Selon une croyance populaire, les objets de dévotion ornés d'une image de sa tête étaient bénéfiques en cas de maux de tête et de gorge, de dépression, d'épilepsie et de règles douloureuses ; ils étaient même censés calmer une trop forte ardeur sexuelle masculine. Cette acquisition récente du M est une interprétation du XVIIe siècle d'une composition qui proviendrait de l'atelier de Dieric Bouts.

Retable privé représentant les noces d'Anne et Joachim (?), Anvers (?), vers 1520

Les retables privés sont des versions réduites des pièces d'autel monumentales. Ils ont été fabriqués à grande échelle dans plusieurs villes, dont Anvers et Bruxelles. Ces objets servaient aux dévotions privées au foyer, se déplaçaient facilement et pouvaient même être emportés en voyage. Ce fragment d'un retable privé représente deux jeunes mariés se donnant la main. Il pourrait s'agir d'Anne et Joachim, les parents de Marie. Sur les volets figurent les noces de Marie et Joseph et l'Adoration des Mages. Un tel ensemble de scènes de la vie de la Vierge ornait fréquemment les retables.

‘La Mise au tombeau du Christ’ à six figures de saints, Louvain (?), vers 1500-1525

Ce groupe statuaire grandeur nature occupait à l'origine un enfeu à décor peint de l'église Saint-Jacques de Louvain. Chaque année, autour de Pâques, la statue du Christ était rituellement vêtue et placée dans le tombeau de la niche. Cette mise au tombeau était un thème récurrent dans la sculpture des XVe et XVIe siècles. De telles représentations soulignent les souffrances du Christ et donc son côté humain. Leur but était de toucher affectivement les croyants et d'éveiller leur compassion.

L'expo ‘En mouvement’ se visite du 10.07.20 au 04.09.22.

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