Don d’un miroir du 19e siècle

Don d’un miroir du 19e siècle

Interview d'Huguette

La collection M, qui compte aujourd’hui plus de 52.00 œuvres, ne cesse de croître. Souvent, ce sont des œuvres acquises par le musée, mais de temps en temps, M est le bénéficiaire de dons. C’est ainsi que Huguette a récemment offert au musée son miroir du 19e siècle de style Louis-Philippe.

Comment ce miroir est-il arrivé chez vous ?

« Ce miroir était déjà depuis un certain temps dans ma famille. Ma grand-mère est décédée très jeune, et mon grand-père s’est ensuite remarié. Le beau-frère de sa nouvelle épouse possédait une maison pleine de trésors. Lorsque j’étais enfant, nous allions régulièrement en visite chez lui et j’adorais cela ! Après leur décès au milieu des années 1990, la maison a été vidée et les biens ont été répartis entre les quatre enfants, dont ma mère. C’est elle qui a reçu le miroir qui, des années plus tard, a fini par atterrir chez moi. »

Avez-vous d’emblée ressenti un lien spécial avec ce miroir ou est-il arrivé chez vous plutôt par hasard ?

« Un lien spécial... ce serait beaucoup dire. Par contre, de tous les enfants, j’étais celle qui l’aimait le plus. J’avais une passion pour ce genre d’objets. J’ai toujours été celle qui allait le plus dans les musées et qui était attirée par les ‘vieilleries’. L’histoire et tout ce qui tourne autour m’a toujours beaucoup parlé. C’est pourquoi j’ai toujours beaucoup aimé avoir ce miroir chez moi. Et puis, il était beau et pratique, tout simplement. Comme il est gigantesque, il est parfait pour vérifier si on est bien habillé ou si sa cravate n’est pas de travers » (rires).

Maintenant que le miroir n’est plus là, il ne vous reste qu’un petit trou dans le mur ?

« C’est vrai. En fait, nous avons fait des travaux dans la maison, et c’est ce qui nous a poussés à nous séparer du miroir. Si nous n’avions pas fait de transformations, il y a de fortes chances que ce miroir ne serait jamais arrivé au musée M. » 

À quel moment l’idée vous est-elle venue d’offrir le miroir au musée M ?

« J’habite à Louvain depuis mes dix-huit ans. J’y suis venue pour mes études et je n’en plus repartie, comme c’est souvent le cas. Je connaissais le musée, que j’ai toujours soutenu, même lorsqu’il portait encore son ancien nom. Bref, j’avais un lien avec le musée M et je me suis dit que cela ne coûtait rien d’essayer. Cette décision n’a toutefois pas été facile à prendre. Par-dessus tout, je voulais que ce miroir ait un ‘chez-soi’, mais il n’est pas simple de se séparer d’un objet avec lequel, au fil du temps, on a tissé un lien affectif. J’ai donc été rassurée en constatant que pour le musée M, ce miroir était important et avait de la valeur. Je ne connais pas sa valeur marchande, mais il a énormément de valeur à mes yeux. Le fait que le musée accueille le miroir à bras ouverts avait pour moi plus de sens que de pouvoir y coller un prix. »

Vous étiez présente à la réouverture. Qu’avez-vous ressenti en voyant votre miroir accroché au mur ?

« Le plus difficile pour moi a été de le découvrir avec autant de monde autour. C’est là que je me suis dit : “voilà, il est là. Je m’en suis séparée à tout jamais”. Mais d’un autre côté, j’étais très émue de voir mon miroir mis en valeur dans un si bel endroit, magnifiquement éclairé sur son élégant fond bleu-vert. Ma mère, elle aussi, était ravie du résultat. Au final, je suis repartie dans de très bonne humeur. L’important pour moi est que le miroir soit bien là où il se trouve aujourd’hui. Il y est bien mis en valeur, et les gens peuvent en profiter. Et puis, ce ne sont pas de véritables adieux. Il reste proche de chez moi et, quand j’en ai envie ou besoin, je peux toujours lui rendre une petite visite. Pour voir de quoi j’ai l’air » (rires).


Le miroir du 19e siècle peut être admiré dans la présentation de la collection ‘Tout pour la forme’.