Numéro deux | 'En mouvement'

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'En mouvement'

Numéro deux de M
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‘En mouvement’, la résurrection de rituels anciens

« Quand je parle à la nature, j'obtiens une réponse »

Avez-vous déjà effectué un pèlerinage ? Vous est-il arrivé de déambuler à travers les rues derrière une hostie consacrée ? Ou de calmer un mal de tête en appliquant une pierre sur votre front ? La présentation de collection ‘En mouvement’ fait revivre des rituels et usages anciens au travers de témoignages personnels. En voici un avant-goût.

ASTRID

ASTRID

  • 24 ans, Belge
  • Croit à une puissance supérieure, mais sans y associer une religion
  • L'année dernière, s'est rendue à vélo à Saint-Jacques-de-Compostelle

« Partie à vélo d'Anvers, j'ai mis un mois pour arriver à Compostelle, après un trajet de près de 2200 kilomètres. Il suffit de pédaler, de manger et de dormir. Pendant quelque temps, toute l'existence se réduit à cette routine. C'est très simple, mais aussi très beau d'une certaine façon. »

 

« Le temps qui se libère pour penser au cours d'un tel périple est considérable. Il y a eu des journées où je ne voyais personne et ne parlais à personne. À ces moment-là, les pensées moulinent dans la tête, on est confronté à soi-même. Je n'aurais jamais cru être capable de rester toute seule ; j'ai dû l'apprendre, accepter qu'être seule est tout aussi bien et qu'à certains moment, on se suffit. »

 

« J'ai toujours voulu avoir autant de choses que possible en mains, que tout aille vite et soit intense. C'est ce qui a été le plus difficile à affronter : j'ai compris que tout cela n'est pas nécessaire. L'idée que tout doit aller vite règne en maître dans notre société, mais au cours de mon voyage j'ai vu que ce n'est pas vrai. Qu'il est parfaitement acceptable de prendre son temps, de se demander où on en est et à quoi on veut arriver. »

GLORIA

GLORIA

  • Originaire d'El Salvador, vit à présent en Belgique
  • Élevée entre des rituels indiens et catholiques
  • Possède un autel portable composé d'objets qui lui sont chers

« Mon grand-père est européen et ma grand-mère est indienne, donc j'ai grandi entre ces deux cultures. Ma grand-mère était toujours en contact étroit avec le monde naturel. C'est elle qui m'a appris comment on peut dialoguer avec la nature. »


« J'ai passé une partie de mon enfance en internat, à cause de la guerre civile qui ravageait mon pays à l'époque. Le pensionnat était catholique ; nous devions prier partout et tout le temps, d'une manière qui ne me plaisait pas beaucoup. Je n'aimais pas prier à l'église, entourée de toutes ces statues tourmentées. En revanche, quand je priais dans la nature, je sentais une interaction. Lorsque je parle à la nature, j'obtiens une réponse. »

 

« Autrefois, quand nous avions mal à la tête, ma grand-mère prenait une pierre et la passait sur les endroits douloureux, puis elle soufflait pour que la douleur s'éloigne. J'adorais ça. Il y a des gens qui prennent de l'aspirine contre les maux de tête, dans notre culture on vous frotte la tête d'une pierre et on envoie promener la douleur en soufflant dessus. »


« À la maison, nous avions un petit autel sur lequel on pouvait ajouter des objets si on le voulait. Et j'ai toujours mon propre autel composé d'objets personnels, des cadeaux que j'ai reçus, mais aussi des objets dont je sentais qu'ils devaient en faire partie. Je l'ai tout le temps avec moi et tout ce qui se trouve dessus est sacré – comme à l'église. »

HENRI

HENRI

  • 62 ans, Belge
  • Catholique
  • Organise à Louvain des processions avec sa paroisse

« Autrefois il y avait des processions partout en Flandre. Puis cela s'est arrêté, mais il y a six ans, avec la paroisse Saint-Quentin, nous avons repris l'organisation de processions, les premières à Louvain depuis les années 1960. »

 

« Je pense que les processions avaient une telle importance parce que les participants étaient persuadés que c'était le Christ qu'ils portaient à travers les rues. C'est un peu comme il y a deux mille ans, quand Jésus passait de villes en villages en Terre sainte pour guérir les malades et imposer les mains aux lépreux. »

 

« Certaines processions de grande envergure existent depuis des siècles. Il y a, par exemple, la Procession du Saint-Sang à Bruges. Son déroulement doit respecter un scénario strict. Nous n'avons pas de trame, car nous ne sommes que de simples Louvanistes. Mais bon, tout le monde a commencé petit – même le Christ, avec ses douze apôtres. »

 

« Une procession s'adresse à tous les sens : il y a tant de choses à voir, on respire les odeurs d'encens, il y a les chants… Mettre sur pied une nouvelle procession avec près de 200 jeunes a été toute une affaire. Mais je pense que bien des gens ont été impressionnés ! »

L'expo ‘En mouvement’ se visite au musée M du 10.07.20 au 04.09.22.

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