Découvrez la collection | Impressionnant !

Découvrez la collection :

'Impressionnant !'

Numéro trois de M
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Près de la moitié de la collection du M se compose de gravures, environ 25 000 pièces au total. C'est un formidable trésor d'images s'étendant de la fin du Moyen Âge à nos jours, des œuvres d'artistes renommés ou inconnus.

L'exposition « Impressionnant ! » offre une occasion unique de découvrir le cabinet des estampes du M. Les bénévoles y jouent un rôle important en conservant, inventoriant et numérisant la collection. Les visiteurs de l'exposition peuvent les voir à l'œuvre – pour autant que les mesures sanitaires le permettent.

 

Quelles pièces sont exposées dépend du moment de votre visite. Les gravures sont remplacées tous les trois mois ; il y aura au total trois présentations différentes.

 

L'exposition est structurée selon plusieurs thèmes. Nos bénévoles ont contribué à la sélection. Dans notre rubrique « Expo de papier », six d'entre eux commentent leur gravure préférée.

Maria Sibylla Merian, gravure colorée à la main, 1730

« À propos de la reproduction et des merveilleuses transformations des insectes du Surinam »

Nature. Étonnement et science

L'art de la gravure était en plein essor à l'époque des grandes explorations. Des navires mettaient le cap sur les quatre coins du monde et revenaient chargés de biens et de récits venus de lieux étranges et exotiques. Les graveurs produisaient des images détaillées de ces découvertes. Leur travail illustre que l'art et la science recherchent tous deux des manières de représenter et d'expliquer le monde.

 

Bie, bénévole à l'imagerie

« Maria Sibylla Merian est l'une des rares artistes féminines présentes dans la collection. Passionnée de recherches et de science, elle a apporté des contributions précieuses, entre autres à l'entomologie. Cette superbe gravure représente un caïman triomphant et un serpent particulièrement agile. »

Alfred Delaunois, dessin, crayon, encre et gouache sur papier, 1914

« La destruction de Louvain en 1914 »

Conflit. Gloire et horreur

De nombreuses œuvres glorifient la guerre à coups de champs de batailles grandioses, de chevaliers en armure étincelante, de généraux victorieux… Mais certains artistes représentent aussi ce qui reste après que les canons se soient tus : les fils et pères qui ne rentreront plus jamais, les victimes traumatisées errant parmi les décombres.

 

Stefan, bénévole à la conservation

« J'ai remarqué qu'une grande partie de la collection évoque la guerre et que les auteurs de ces œuvres s'intéressent aussi à la souffrance et la douleur des gens ordinaires.

En août 1914, l'artiste louvaniste Albert Delaunois est sorti dans la rue pour rendre compte de la dévastation laissée par les soldats allemands. De ces esquisses ressort qu'il était obligé de dessiner vite et en cachette. »

Jacobus Harrewijn, d'après Nicolaes II Stramot, gravure, encre sur papier, vers 1696

« Le château d'Arenberg à Heverlee »

Louvain. Monuments et individus

Beaucoup de gravures et dessins de la collection rendent compte de 500 ans d'histoire. Ils montrent à quoi Louvain ressemblait autrefois, mais aussi comment la ville voulait se présenter en tant que cité ambitieuse truffée d'édifices imposants. Les gravures relatent aussi la vie quotidienne des Louvanistes ; aussi bien la misère, la guerre et la destruction sont évoquées que la paix, la prospérité et les plaisirs.

 

Bart, bénévole à l'enregistrement

« Je connais une bonne partie des endroits représentés sur ces gravures. Voir comment c'était autrefois est passionnant. Prenez cette gravure du château d'Arenberg : l'artiste s'est posté à un endroit où je me tiens souvent. Il a très bien rendu le moulin à eau et la chapelle au-dessus du portail. »

Richard Schulz, eau-forte, encre sur papier, 1912

« Promeneur au repos »

Nature. Calme et sérénité

Les gravures étaient le plus souvent produites en ville ; il est donc significatif qu'elles représentent fréquemment la nature et la vie campagnarde. Elles évoquent une image idyllique d'innocence et de simplicité, de nobles paysans et bergers vivant en harmonie avec la nature. Cette aspiration au repos, à la verdure et à la sérénité est toujours présente – peut-être même plus fort qu'à l'époque.

 

Frans, bénévole à l'enregistrement

« Me promener dans la verdure m'apaise. L'amour de la nature est visiblement de toutes les époques, car beaucoup de gravures et de dessins de la collection représentent un environnement naturel paradisiaque. Je me reconnais dans le promeneur au bâton. Laisser planer son regard sur les champs le rassérène complètement – on voit qu'il s'absorbe dans ses pensées. »

John Dix, gravure sur bois, encre sur papier, 1966

« Les amoureux »

Amour. Idylle et tromperie

L'amour déchaîne les passions. Il révèle les plus beaux côtés des êtres humains, mais aussi les plus ignobles. L'art a exploité cette thématique à toutes les époques, dans toutes les disciplines. Le cabinet des estampes comprend, lui aussi, d'innombrables scènes d'amour heureuses et idylliques, mais aussi des images de jalousie et de tromperie. Il n'y a pas de roses sans épines, même si l'amour finit toujours par surmonter les obstacles.

 

Annemie, bénévole à l'imagerie

« Pour moi, ces gravures expriment la réalité actuelle. Les relations amoureuses sont mises sous pression, les différences sont exacerbées. Résultat : le chagrin, la jalousie, les ruptures. Mais d'un autre côté, certaines personnes comprennent justement combien leur amour mutuel est précieux. »

Anonyme, gravure, encre et aquarelle sur papier, colorée à la main, vers 1580

« Le Christ enfant aux instruments de la Passion »

Dévotion. Mains chargées d'espoir

La religion est un autre thème courant de notre collection ; les images du Christ, de la Vierge et des lieux de pèlerinage sont particulièrement populaires. Elles sont des signes de dévotion, tout en témoignant de l'aspiration humaine à la protection et aux attaches, à l'apaisement et à la compréhension du monde. Quand l'incertitude règne, les gens cherchent un point de repère, un signe d'espoir tangible.

 

An, bénévole à l'imagerie

« J'ai souvent vu prier mon père qui était profondément croyant, il y puisait un immense réconfort. À mon sens, la dévotion dépasse les limites de la foi ; c'est la quête d'un lieu où se recueillir un instant. Mon père me disait : joins les mains et tu trouveras le calme.

 

Je me retrouve mieux dans le silence. Errer seule dans la nature ou au musée peut être tellement apaisant. Ça me rend plus forte. Tout le monde recherche un lien avec quelque chose en dehors de soi, qui donne de l'espoir quand les temps sont durs. »

'Impressionant !'

Jusqu'au 05.09.2021