Borman et Fils

20.09.2019 - 26.01.2020
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Les Meilleurs Sculpteurs

« Le meilleur sculpteur sur bois du Brabant » : c’est ainsi qu’était connu Jan II Borman au début du 16e siècle. Cet automne, le musée M présente « Borman et Fils », la toute première exposition retraçant la vie et l’œuvre de ce maître-sculpteur sur bois et de sa famille. Cette exposition permettra aux visiteurs d’admirer plus de 120 des quelque 280 oeuvres attribuées avec certitude aux Borman, ainsi qu’une série d’œuvres d’artistes contemporains. « Borman et Fils », c’est une occasion unique de découvrir cette dynastie d’artistes originaire de Louvain.

Borman : si ce nom ne vous dit rien, pas de panique car on sait étonnamment peu de choses à propos de cette famille d’artistes. Nous savons qu’au moins six membres de la dynastie, répartis sur quatre générations, ont travaillé comme sculpteurs sur bois. Le plus renommé d’entre eux était Jan II Borman, un artiste qui s’est inscrit dans la lignée du langage formel de Primitifs flamands tels que Dirk Bouts, a été un précurseur de Bruegel et a laissé une œuvre qui peut être qualifiée d’aussi virtuose et influente que celle de son contemporain Jérôme Bosch. 

Le sens des affaires

Jan II possédait un atelier à Bruxelles, où il a appris le métier à ses deux fils, Jan III et Pasquier. Les Borman ont réalisé des sculptures sur bois, sur pierre et sur bronze – des représentations de saints et de la Vierge, principalement -, mais également des œuvres plus volumineuses, tels des retables et des monuments funéraires. Leur travail reflète l’évolution progressive du gothique tardif vers la Renaissance. 

Leur atelier était une PME avant la lettre.

En plus de posséder un réel talent artistique, les Borman avaient également le sens des affaires. Ils travaillaient pour des clients aisés (églises, monastères et guildes). Ils ont par exemple réalisé, pour la guilde des arbalétriers de Saint-Georges à Louvain, un magnifique retable, dont un fragment est exposé au M. Parmi leurs commanditaires figurait également la cour des Habsbourg, qui détenait alors le pouvoir aux Pays-Bas. Leur atelier était une PME avant la lettre. L’exposition permet de découvrir virtuellement à quoi ressemblait un atelier de sculpture au Moyen-Âge.

Scan 3D

Les Borman sont peut-être peu connus du grand public, mais les connaisseurs tiennent leur travail en haute estime. On retrouve ainsi des œuvres portant leur signature dans de grands musées européens et américains – le musée M a reçu des dizaines d’œuvres en prêt pour les besoins de l’exposition. Un scan en 3D de la croix de triomphe de la collégiale Saint-Pierre de Louvain, qui ne peut pas être déplacée, a été effectué spécialement pour l’exposition. Grâce à un écran tactile, vous pouvez zoomer sur cette œuvre. Bien entendu, rien ne vous empêche d’aller admirer la véritable croix dans la collégiale Saint-Pierre, qui fait partie du musée M.

De retour au bercail

Il reste beaucoup de zones d’ombre à propos des Borman. On ignore encore, par exemple, où leur atelier était situé à Bruxelles, combien de personnes y travaillaient et pourquoi la famille a subitement disparu de la carte après 1540. Cela ne veut pas dire pour autant que les chercheurs sont restés les bras croisés. L’exposition « Borman et Fils » montre ainsi les résultats de recherches effectuées récemment à l’initiative du M et abondamment commentées dans un livre qui sera publié pour l’occasion. Ces recherches ont révélé, notamment, de fortes indications que le patriarche Jan I et son fils Jan II travaillaient à Louvain avant que la famille déménage à Bruxelles. L’exposition ramène dès lors les Borman au bercail, en quelque sorte.

Des recherches ont révélé, notamment, de fortes indications que le patriarche Jan I et son fils Jan II travaillaient à Louvain avant que la famille déménage à Bruxelles.

Le fait que l’exposition « Borman et Fils » soit organisée au M ne relève pas du hasard. Le musée louvaniste est en effet le centre de référence belge pour la sculpture médiévale, avec une collection qui fait partie des plus grandes de notre pays. Le musée M s’est de surcroît fait une spécialité de mettre en lumière des artistes oubliés, tels Pieter-Jozef Verhaghen, Jan Rombouts ou Michiel Coxcie. Avec l’expo « Borman et Fils », cette liste n’en deviendra que plus impressionnante. 

Commissaire d'exposition: Marjan Debaene

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Borman et Fils

Avec le soutien des M-cènes via M-LIFE (le fonds créé par M au sien de la Fondation Roi Baudouin), UNIZO et le Service Culturel de la ville de Louvain.