Du dépôt à la base de données : comment l’IA donne-t-elle une nouvelle vie aux anciennes pièces de monnaie ?

Het quickPX-toestel werd aangekocht voor dit project om gedetailleerd en efficiënt foto's te kunnen maken

Kimberley Dhollander pour M Leuven

Du dépôt à la base de données

Comment l’IA donne-t-elle une nouvelle vie aux anciennes pièces de monnaie ?

NumisMatrix a fait réémerger les anciennes pièces de monnaie des collections de M Leuven et de la KU Leuven. Il s’agit du projet d’IA qui vise à réduire de moitié le temps nécessaire à inventorier des collections numismatiques. Des histoires oubliées peuvent ainsi être remises en lumière : un point de départ potentiel pour de nouvelles recherches ? 

Het quickPX-toestel werd aangekocht voor dit project om gedetailleerd en efficiënt foto's te kunnen maken

Kimberley Dhollander pour M Leuven

L’IA : le numismate chargé des tâches répétitives

Le projet bénéficie du soutien du gouvernement flamand en tant que « projet partenaire innovant ». « Ce projet peut encore prendre quelque direction que ce soit », souligne Soetkin Vanhauwaert, assistante conservatrice de la collection d’art de la KU Leuven. « À mesure que nos connaissances progressent, nous développons une méthodologie adaptée, spécifique à la numismatique », ajoute Benedicte Dierickx, responsable des collections à M Leuven. « Pour l’inventaire, chaque pièce est photographiée, mesurée et pesée manuellement. Ce sont des métadonnées essentielles. »  

 

Ludovik Segaert, chargé des applications numériques à M Leuven : « Cet ensemble de données est ensuite soigneusement saisi dans un MVL, un modèle de vision-langage, soit une IA capable de voir et de lire – au sens d’interpréter – des images. » Ce volet IA est d’ailleurs pris en charge par le groupe de recherche Augment de la KU Leuven, qui teste et affine différents modèles et instructions (ou prompts en langage informatique). 

 Soetkin  Vanhauwaert, Assistent conservator van de kunstcollectie van KU Leuven, t Benedicte Dierickx, Collectiebeheerder bij M en Ludovik Segaert, medewerker digitale toepassingen bij M

Kimberley Dhollander pour M Leuven

L’IA s’empare-t-elle de votre travail ? 

Rires. « Seulement du travail que nous cédons volontiers. Cela nous laisse justement plus de temps pour la réflexion », explique Ludovik.  

 

Benedicte : « L’IA excelle d’ores et déjà dans la reconnaissance de motifs d’objets fabriqués en série, comme les pièces de monnaie. Nous espérons ainsi accélérer l’identification de base, avec une précision de 95 %, mais pour ces 5 % restants, nous aurons toujours besoin d’experts. » 

 

Ludovik ajoute : « L’IA abonde dans le sens de son utilisateur, il est donc essentiel de lui donner des instructions précises et correctes. 

« Hé IA, identifie cette pièce, mais si tu ne sais pas, dis-le tout simplement ! »Les hallucinations et les biais nous guettent à tout instant, c’est pourquoi les vérifications humaines restent indispensables pour démasquer des réponses d’IA plausibles, mais inventées de bout en bout. 

Met het quickPx toestel kunnen we het object ook wegen en meten, wat het proces versnelt

Kimberley Dhollander pour M Leuven

L’humain, garant d’un contrôle qualité rigoureux 

Citizen science est une recherche scientifique dans laquelle des citoyens non professionnels collaborent avec des chercheurs professionnels. Il s’agit d’un volet important de NumisMatrix, car des conservateur·rices de collections, des étudiant·es, des expert·es et des bénévoles se mobilisent pour identifier des pièces de monnaie. La communication et le volet participatif sont pris en charge par DigitGLAM, le groupe de recherche dédié aux humanités numériques. 

 

Les citoyens scientifiques se penchent sous la supervision d’un·e professeur·e d’archéologie et d’expert·es, sur ce que l’IA ne peut pas identifier : les variantes, les découvertes archéologiques, les pièces endommagées issues des guerres mondiales. Sans oublier les pièces non occidentales de la collection de la KU Leuven, qui présentent des écritures et des systèmes de classification très différents. Il faut encore déterminer comment NumisMatrix s’en sort en la matière. 

Vite, avant que ces connaissances ne disparaissent 

Les pièces de monnaie disparaissent de la circulation. Et avec elles, le savoir. Le vieillissement des expert·es est un « tueur silencieux » pour la numismatique : il reste des collectionneur·euses de cette niche et des expert·es en détection de métaux, mais les jeunes ne s’y intéressent pratiquement plus. « Nous craignons que ce savoir ne disparaisse tout simplement », acquiesce Benedicte, « et l’IA peut nous aider à rassembler ces connaissances et à les rendre accessibles sous forme numérique. » 

 

À la question de savoir où en sera NumisMatrix dans cinq ans, la réponse de Soetkin a une résonance merveilleusement ambitieuse : 

« Une application de type ObsIdentify pour l’identification de pièces anciennes ! Une plateforme très accessible et non commerciale sur laquelle tout le monde pourrait identifier ses découvertes. Si je peux me permettre de rêver, ce serait là le résultat souhaité pour NumisMatrix. » 

Voordien gebeurde de registratie door manueel in publicaties hetzelfde object op te zoeken. Dit hopen we te versnellen met AI.

Kimberley Dhollander pour M Leuven