L'église Saint-Pierre : des traces de 1000 ans d'histoire

Heilige Margaretha van Antiochië en de draak, Jan Rombouts, ca.1525-1530, Collectie M Leuven

Heilige Margaretha van Antiochië en de draak, Jan Rombouts, ca.1525-1530, Collectie M Leuven, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost

L'église Saint-Pierre : des traces de 1000 ans d'histoire

Cherchez le dragon !

La collégiale Saint-Pierre est un édifice à l'histoire longue et mouvementée. On en retrouve encore de nombreuses traces, tant dans l'église même que dans la collection de M.

Heilige Margaretha van Antiochië en de draak, Jan Rombouts, ca.1525-1530, Collectie M Leuven

Heilige Margaretha van Antiochië en de draak, Jan Rombouts, ca.1525-1530, Collectie M Leuven, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost

L'histoire débute vers l'an 1000, nous raconte Marjane Debaene, Conservatrice en chef d'Art ancien. « À l'époque a été construite ici une église de style roman, dont seul le chœur a été conservé. De nos jours c'est la crypte, car le niveau des rues était bien plus bas à l'époque. La sépulture du duc Henri Ier, actuellement dans la chapelle latérale, s'y trouvait aussi. »

 

« Peu après 1400 a démarré la construction de l'église gothique. Les sections romanes ont progressivement été remplacées, à commencer par le côté est du chœur. Les travaux ont duré plus ou moins un siècle, ce qui était peu pour l'époque. Par conséquent, le style de l'église est remarquablement homogène. »

 

« Vers 1500 il ne manquait plus que la partie occidentale, pour laquelle Joost Massys avait dessiné trois tours gigantesques. Mais comme elles s'enfonçaient dans le sol marécageux dès leur construction, on n'a pas insisté. Ce qu'on peut voir de nos jours, ce sont uniquement les bases de ces tours. Mais dans l'église est exposée une maquette du bâtiment telle qu'il aurait dû être réalisé. »

Gravure van het westelijk tochtportaal van de Sint-Pieterskerk in Leuven, A. Rentmeesters, 1891, Collectie M Leuven

Gravure van het westelijk tochtportaal van de Sint-Pieterskerk in Leuven, A. Rentmeesters, 1891, Collectie M Leuven, foto: M Leuven

Nouvelle mode

« Ceux qui ont visité M ces derniers mois auront remarqué que l'exposition permanente a été modifiée. Le premier tableau qu'on voit en entrant est un intérieur de l'église Saint-Pierre en 1667. Deux œuvres qu'on peut observer sur cette toile seront, elles aussi, exposées à M ces prochaines années. Il s'agit d'une Sainte Trinité de l'atelier de Rogier van der Weyden et d'une statue de saint Christophe. »

 

« Au début du XVIIIe siècle l'intérieur de l'église a été adapté à la nouvelle mode, plus baroque. Beaucoup d'œuvres figurant sur le tableau de 1667 ont été retirées – même “La Cène” de Dieric Bouts. »

 

« En 1798, sous l'occupation française, les trésors de l'église ont été vendus aux enchères sur les “Lange Trappen”, le grand escalier menant au portail occidental. C'est ainsi que des stalles du chœur se sont retrouvées en Angleterre et que le Victoria & Albert Museum à Londres détient 17 “miséricordes” – des petites consoles d'appui – provenant de notre église. »

 

« Au XXe siècle, l'église est à deux reprises tombée en proie aux violences guerrières. En 1914, les troupes allemandes ont tenté de l'incendier ; les portails Renaissance en bois de la partie occidentale se sont ainsi perdus. Et en 1944 l'orgue, datant également de la Renaissance, a été détruit lors d'un bombardement allié. »

Links: Triomfkruisensemble, Jan II Borman, ca. 1490, Collectie M Leuven Sint-Pieterskerk | Rechts: Maquette voor de westtorens van de Sint-Pieterskerk, Joost Massys en Jan Beyaert, ca.1524-1530, Collectie M Leuven | Sint-Pieterskerk

Links: Triomfkruisensemble, Jan II Borman, ca. 1490, Collectie M Leuven Sint-Pieterskerk | Rechts: Maquette voor de westtorens van de Sint-Pieterskerk, Joost Massys en Jan Beyaert, ca.1524-1530, Collectie M Leuven | Sint-Pieterskerk | Bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost

Le plus beau dragon

« L'église a donc connu une histoire mouvementée. Une grande partie du mobilier a été détruit ou vendu, ou il a disparu. J'effectue en ce moment des recherches sur un retable de la fin du Moyen Âge qui reposait probablement sur le maître-autel, et dont quelques fragments seulement ont été conservés. Au XIXe siècle ils ont été vendus aux Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles, où on peut toujours les voir. »

 

« La collection de M comprend environ 250 œuvres et objets de la collégiale Saint-Pierre. Si la plupart d'entre eux se trouvent toujours dans l'église, nous en conservons une quarantaine à M, dont deux volets d'un retable de Jan Rombouts. Lors de votre visite à M, n'oubliez pas de regarder au verso de ces panneaux : Rombouts y a peint le plus beau dragon du XVIe siècle. Enfin, c'est mon avis (rires). »

Heilige Margaretha van Antiochië en de draak, Jan Rombouts, ca.1525-1530, Collectie M Leuven

Heilige Margaretha van Antiochië en de draak, Jan Rombouts, ca.1525-1530, Collectie M Leuven, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost