Ricardo Brey. In Motion

© Kimberley Dhollander (Evenbeeld) voor M Leuven
In Motion
Ricardo Brey
Qui entre dans l’atelier de Ricardo Brey (°1955, La Havane) pénètre dans un espace où la vision du monde de cet artiste devient tangible. Ce qu’il lit, trouve, conserve ou se remémore devient dessin, sculpture, assemblage ou installation dans lesquels se croisent traditions, systèmes de connaissances et histoires personnelles.

© Kimberley Dhollander (Evenbeeld) voor M Leuven
L’œuvre de Brey se dévoile rarement en un coup d’œil. D’une certaine distance, une forme peut paraître immobile, fermée ou simple. Mais dès qu’on s’en approche, on découvre un univers stratifié composé d’images, de matériaux et de symboles. Sa pratique se déploie comme un ensemble de microcosmes où s’entremêlent imagination, matière, spiritualité et histoire.
Ricardo Brey s’est fait connaître en tant que membre de Volumen I, un groupe d’avant-garde influent qui a contribué à la fin des années 1970 et au début des années 1980, à façonner une nouvelle génération d’artistes cubains après la Révolution. Sa participation à la Documenta IX (1992) a marqué un tournant dans sa carrière : elle fut à l’origine de son installation en Europe. Depuis 1990, Brey vit et travaille à Gand, d’où il a accompli un parcours international avec des expositions, entre autres, à la Biennale de Venise, au S.M.A.K. et au M HKA.
L’œuvre de Brey explore des questions fondamentales sur l’origine de l’humanité et notre place dans le monde. Les influences caribéennes, africaines et européennes se fondent en un langage visuel idiosyncrasique, profondément ancré dans les traditions syncrétiques de la culture afro-cubaine. Ce faisant, il associe des langages visuels occidentaux et non occidentaux, des systèmes de spiritualité, des mythologies et des objets trouvés qui acquièrent une nouvelle signification dans son œuvre.

© Kimberley Dhollander (Evenbeeld) voor M Leuven

© Kimberley Dhollander (Evenbeeld) voor M Leuven
Parallèlement, Brey porte un regard critique sur l’histoire de la curiosité humaine et du désir de collectionner et de classifier. Ainsi, il fait référence à des figures telles que l’explorateur Alexander von Humboldt et le biologiste Charles Darwin pour remettre en question les récits occidentaux qui se sont approprié le monde avec leur nomenclature et leur taxinomie. Que signifie l’accumulation des connaissances ? À quelles voix accorde-t-on de la place dans les archives, et lesquelles en sont exclues ? Brey n’y oppose pas un système fermé, mais une approche ouverte et polyphonique.
M Leuven invite Ricardo Brey à monter une grande exposition individuelle rétrospective, avec des œuvres de ses débuts à Cuba jusqu’à des créations récentes. L’exposition ne sera pas linéaire, mais suivra le mouvement ramifié de son œuvre. Elle adoptera l’aspect d’archives poétiques de mondes possibles, non pas celui d’une encyclopédie qui impose un ordre, mais qui se déploie au contraire comme une constellation dans laquelle chaque objet constitue une ouverture.
Ralph Collier, commissaire

© Kimberley Dhollander (Evenbeeld) voor M Leuven

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