© Vincent Geyskens, ‘i conformisti’, 2020, foto : Lieven Herreman
Que peut encore signifier l’art pictural aujourd’hui ?
Voici une question qui préoccupe Vincent Geyskens et qu’il étudie dans ses œuvres diverses. Lorsque nous regardons des images, nous y cherchons un point de repère avec notre environnement, avec la réalité que nous connaissons. Vincent Geyskens joue avec ces attentes autour des images et de l’art pictural : que signifient les images pour nous, quel rôle jouent les supports et la peinture dans la manière dont nous lisons et analysons une image, quels liens établissons-nous avec des images que nous rencontrons dans la vie quotidienne ?
Pour lui, peindre est une manière de concrétiser des pensées, de rendre la matière apparente. Ces œuvres défient le spectateur à travers l’usage d’éléments à la fois abstraits et figuratifs et l’expérimentation de différents supports, allant du papier au plastique, de la toile à des objets trouvés. Vincent Geyskens explore ainsi les limites et les possibilités des supports choisis.

L’exposition de Vincent Geyskens à M réunit plusieurs séries et types d’œuvres de la dernière décennie, complétée d’un certain nombre d’anciennes œuvres de référence. On suit pour ainsi dire la quête de Geyskens autour du statut de l’image dans la société contemporaine. M présente aussi bien des collages, des esquisses, des tableaux sur toile que des séries de cadres peints et établit de la sorte des liens entre différentes approches de l’art pictural.

Peintures sur toile
Ce que l’artiste appose sur la toile va de portraits et de natures mortes à des compositions chromatiques abstraites réalisées à coups de brosse assez fermes. Parfois, il applique d’épaisses couches de peinture afin d’attirer l’attention d’une part sur la structure de la matière et d’autre part, sur le geste physique de peindre. Vincent Geyskens compare la toile à la peau : elle vit, elle a une texture, on peut la travailler à l’instar de la peau humaine qu’on peut maquiller. Pour composer des œuvres abstraites, il utilise de la couleur et de la peinture, alors que pour créer une sensation de vide et d’ouverture, il se sert du clair-obscur.




Séries de cadres
Les séries de cadres – publicitaires – peints faisant office de supports constituent la colonne vertébrale de l’exposition. Par son enchaînement de cadres, Geyskens crée un certain rythme. L’artiste y appose de grands aplats de couleur qu’il alterne avec des parties vides offrant une percée vers le mur à l’arrière. Pour ses collages, Geyskens part d’images existantes ayant une fonction spécifique, à savoir des images de campagnes publicitaires ou électorales. Les images érotiques ou politiques qu’il arrache ont pour fonction d’exciter ou de convaincre. En découpant brutalement l’image et en la froissant, il se l’approprie et crée une distance avec la représentation originale. Elles deviennent ainsi de nouvelles compositions qui modifient la manière dont on les a regardées initialement.








