Cinq questions à un M-cène : "Un monde sans art, j’ai du mal à l’imaginer"

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: © Marie Dreezen voor M Leuven

Cinq questions à un M-cène

"Un monde sans art, j’ai du mal à l’imaginer"

Denise Vandevoort (67 ans) a un lien très particulier avec M : lorsqu’elle était échevine de la Culture à Louvain, elle a participé à la création du nouveau musée. « J’aurais du mal à expliquer ne pas être devenue M-cène », dit-elle.

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: © Marie Dreezen voor M Leuven

Depuis combien de temps l’art occupe-t-il une place dans votre vie ?

« Depuis toujours, en fait. Je viens d’une famille où l’art et la culture n’étaient pas primordiaux. Mais à l’école et à l’église, entre autres, j’ai vu des sculptures et des tableaux, et disons que… j’avais l’œil. » 

 

« À l’église, je récitais tous les jours. Mais à 15 ans, j’ai perdu la foi. L’intérêt pour l’art ne m’a cependant pas quitté. Je suis allée dans une école d’enseignement technique pour filles à Stevoort, près de Hasselt, où nous avions des cours d’histoire de l’art. Ils m’ont été très utiles. Le professeur était imposant, tout le monde avait peur de lui. Mais il était lui-même artiste, il savait de quoi il parlait et il était ouvert d’esprit. J’y ai aussi reçu des cours sur l’art moderne, et sur des artistes femmes. Ce n’était pas une évidence à l’époque. Et j’étais une éponge ».

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: © Marie Dreezen voor M Leuven

Pourquoi êtes-vous devenue M-cène ?

« J’ai toujours dit que, quand je prendrai ma retraite, je le ferai. J’ai été échevine de la Culture à Louvain pendant près de 20 ans, et le musée faisait partie de mes compétences. La plupart du temps, il a agi en tant qu’entreprise communale autonome, et j’étais présidente du conseil d’administration. Il fallait donc que je sois toujours très bien informée de ce qui se déroulait à M, car je voulais pouvoir répondre aux questions du conseil communal ainsi qu’aux membres du conseil d’administration. Sur la politique menée, mais aussi sur la collection. »

 

 « Pendant toutes ces années, j’ai beaucoup appris sur l’art et le monde de l’art. Et j’ai contribué à lancer le concept des M-bassadeurs, sur lequel on a calqué le M-cénat plus tard. J’aurais donc du mal à expliquer ne pas être devenue M-cène ».

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: © Marie Dreezen voor M Leuven

Quel impact de l’art a-t-il sur votre vie ?

« Un monde sans art ni culture, j’ai du mal à l’imaginer. La lecture est quelque chose de vital pour moi. Ma sœur était bénévole à la bibliothèque de Stevoort. Les nouveaux livres nous parvenaient toujours en premier, pour être couverts, enregistrés, etc. Du coup, je pouvais les lire – y compris les livres pour adultes. C’était une fête pour moi ». 

 

« Je vais aussi souvent au cinéma et à des expositions. Récemment, par exemple, j’ai visité l’exposition sur Marguerite de Parme à Audenarde. Ou à Liège, à La Boverie, que j’ai appris à mieux connaître pendant la pandémie. J’ai visité beaucoup d’expositions pendant cette période. Tout était fermé, seuls les musées ont pu rester ouverts.

 

Y a-t-il des œuvres d’art qui vous ont particulièrement touchée ?

« Oui, certainement, mais le choix est difficile… Peut-être une, dont je suis assez fière, parce que j’ai contribué à l’acquérir : la toute première œuvre d’art vidéo à Louvain. En tant qu’échevine, j’étais également responsable de l’égalité des chances, et les mouvements féministes manifestaient leur mécontentement quant à la présence exclusive de statues d’hommes dans la ville. Nous avons donc cherché des alternatives, mais que voulait-on dès lors ? Une de ces statues classiques, mais qui représente une femme ? J’ai demandé conseil à des gens, et le connaisseur d’art Luk Lambrecht nous a mis sur la bonne voie. Il avait vu une installation vidéo au festival d’art Watou de Milica Tomic, une artiste serbe, une œuvre sur les violences faites aux femmes. On la voit au centre de l’image faire des pirouettes, vêtue d’une robe blanche. Peu à peu, des éclaboussures et des taches de sang maculent le tissu. L’œuvre vous saisit à la gorge. Et c’est à nouveau d’une actualité brûlante en ce moment !

Pourquoi pensez-vous que les gens devraient devenir des M-cènes ?

« Je trouve que c’est un groupe de personnes très agréables, ce qui est toujours important. Mais il faut aussi le faire pour le programme : on est assuré d’élargir ses horizons. En janvier, nous sommes partis avec un groupe de M-cènes dans le sud de la France. Chaque jour, nous avons visité des musées et des galeries. De l’art ancien et contemporain, avec les explications des commissaires de M. Tou·tes les participant·es étaient enchanté·es. »

 

« Après les prévernissages d’une nouvelle exposition, les artistes partagent notre table. Je trouve cela très intéressant. Je n’ai qu’une critique à formuler : il pourrait y avoir encore un peu plus d’activités (rires). »

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: © Marie Dreezen voor M Leuven

M-cenassen op bezoek bij een kunstenaar in haar atelier

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