En visite chez un M-cène : la collection de Hilde et Erik

EN VISITE CHEZ UN M-CENE

LA COLLECTION DE HILDE ET ERIK

La présence de l'art se remarque d'emblée en entrant chez Hilde Vervloet et Erik Boone. Des œuvres sont accrochées et posées dans le coin salon, le coin lecture, le couloir et même le jardin. Au fil des années, Hilde et Erik ont constitué avec beaucoup d'amour une belle collection. Voici un portrait de deux amateurs d'art, qui – ce n'est pas un hasard – sont également des M-cènes.

Coup de foudre

D'où vous vient votre intérêt pour l'art ?

Erik : « Il s'est forgé progressivement. Hilde, surtout, a toujours été passionnée, mais nous avions peu de temps à y consacrer. La famille et le travail nous occupaient beaucoup – je suis banquier indépendant et jusqu'il y a peu, Hilde dirigeait une école de langues à Bruxelles. »


« Autrefois déjà, nous avions envie de décorer nos murs d'œuvres d'art. Nous nous étions donc inscrits au système de prêt “Kunst in huis”, mais si l'offre comportait bien des pièces intéressantes, elles n'étaient jamais entièrement à notre goût. Après quelque temps, nous avons alors commencé à acheter des œuvres. »

 

Hilde : « Notre préférence va aux pièces figuratives ; l'art conceptuel nous attire moins. Le plus souvent, nous achetons les œuvres dans des galeries d'art de Louvain ou d'ailleurs. Quand nous sommes à l'étranger, nous entrons aussi dans l'une ou l'autre galerie. »

 

Erik : « Pour passer à l'achat, il faut que nous tombions tous les deux sous le charme, que nous ayons le coup de foudre. Et même si je reste un peu sceptique, Hilde sait toujours comment me convaincre (rires). »


« Notre premier achat s'est fait lors de la triennale de sculpture d'IJzerenberg à Herent. Nous y avons découvert “The Visionary” de Lieven d’Haese, une statue représentant un devin qui brandit une boule de cristal à bout de bras. Comme nous la trouvions tous les deux superbe, nous avons décidé de l'acheter – c'était en 2012. Au début, les enfants ne l'aimaient pas du tout : “Vous n'allez pas mettre ça dans la maison !”, ronchonnaient-ils. Maintenant ils adorent. Notre fille a même consacré un exposé à Lieven d’Haese pour son cours d'esthétique. »


« Par le biais des galeries, nous rencontrons personnellement certains artistes, ce qui est toujours inspirant. À chaque œuvre est lié un récit, que nous apprenons ainsi de l'auteur même. On sent aussi l'appréciation de l'artiste dont on achète le travail. Pour le côté financier, bien évidemment, mais par ailleurs, savoir que les gens aiment ce qu'on crée doit être très agréable. »

 

Hilde : « Dans le coin salle à manger est accrochée une telle œuvre à récit, “Begegnung” du sculpteur allemand Franz Josef Vanck. Il a travaillé un pan de pierre bleue qui s'était fracturé chez le tailleur de pierre, perdant ainsi sa valeur commerciale. Mais Vanck en a fait une superbe composition en disposant des figures de bronze filiformes entre les lignes de fracture. Il est lui-même venu installer l'œuvre chez nous, car il tenait à ce qu'elle soit correctement fixée au mur, en maintenant une distance précise entre les deux moitiés ; il ne voulait confier cette tâche à personne d'autre. »


« Regardez, voici notre achat le plus récent, “Sibyl II”, une tapisserie de l'artiste suisse Stéphanie Baechler. Elle est réalisée en différents types de textile, et d'une certaine manière le textile est aussi le thème de l'œuvre, car elle représente le mythe antique des Parques qui filent le fil de notre vie et finissent inévitablement par le couper. Nous avons aussi une autre œuvre de Baechler, plus petite, intitulée “Bronzamic I, II, III”. L'artiste a réalisé des moules à partir de trois bouts de tissu, puis les a coulés en bronze. Le résultat ressemble à du textile, mais est donc en métal. C'est fascinant. »

Body talk

Hilde : « Si je devais désigner une pièce préférée, je choisirais “She’s not a modern type” d'Anton Cotteleer, un artiste belge. C'est une petite sculpture de bronze dans laquelle on pourrait reconnaître une femme nue. La partie inférieure du corps est peinte, d'une teinte proche de la couleur chair. La pièce m'a plu dès que je l'ai vue et je continue à l'aimer. S'il y avait le feu ici, je sauverais d'abord les enfants, mon mari et le chien, et ensuite le Cotteleer (rires). »

 

Erik : « Moi, j'ai deux œuvres préférées : “The Visionary” – le devin de Lieven d’Haese – et “Milles-feuilles”, une peinture de Hadassah Emmerich. Nous l'avons dénichée à The Whitehouse Gallery à Lovenjoel, que nous fréquentons assidûment et où nous avons déjà acheté plusieurs pièces. Elle était accrochée à l'entrée de l'expo et, captivés par sa puissance, nous ne parvenions pas à aller plus loin. Les enfants, qui nous accompagnaient, étaient eux aussi tout de suite enthousiastes. L'œuvre faisait partie de l'expo “Body Talk” – en regardant attentivement, on peut en effet y discerner des seins. Les coloris, surtout, sont de toute beauté. Avant de l'acheter, nous avons dû rentrer pour mesurer le mur, car c'est une grande toile. À présent elle trône en bonne place au salon, où nous pouvons la voir tous les jours. Dans le couloir est d'ailleurs accrochée une autre œuvre de Hadassah Emmerich. »