La vie en rose : les créateurs de l'identité graphique de Playground ont la parole
Comment se lance-t-on dans un tel concept ? À partir d'une page blanche ?
Joris : « Nous travaillons tous les deux d'une façon plutôt instinctive. En recevant une telle commande, il faut y réfléchir un moment. De toute façon, chacun de nous a beaucoup de choses en tête dont il se dit : “Ça, j'aimerais bien l'exploiter un jour” – jusqu'à ce que l'occasion se présente, comme ici. Mathieu s'intéresse beaucoup plus à la programmation créative, ce qui lui a donné l'idée des jeux vidéo. À partir de là, nous avons imaginé un concept, d'abord pour l'affiche, puis pour les autres supports. À chaque fois, cela implique bien plus que l'adaptation de l'échelle et des proportions de l'affiche. Nous tentons toujours d'apporter de légères variations – la mise en pages de la brochure est légèrement différente de celle de l'affiche, les bannières se distinguent à leur tour de ces deux supports. Ainsi le concept reste vivant. »
Playground dure quatre jours. N'est-il pas frustrant de savoir que votre travail servira si peu de temps ?
Mathieu : « Il faut savoir s'en accommoder. Nos anciennes créations sont bien sûr conservées dans notre portefeuille. Et depuis que nous avons un compte Instagram, le nombre de gens qui voient nos réalisations a sérieusement augmenté. »
Joris : « Playground est d'ailleurs un sujet fécond. Bon nombre de festivals ont leur propre identité graphique, qu'ils n'abandonnent pas chaque année. Mais Playground change bien d'une année à l'autre – peut-être à cause du grand éclectisme du festival. Il est d'ailleurs fréquenté par un grand nombre de gens du secteur : artistes, créateurs, commissaires d'exposition… Ils sont intéressés par le concept graphique et leurs réactions favorables font du bien. »
Irez-vous au festival ?
« Bien sûr ! L'ambiance de Playground est agréable, il s'y passe toujours quelque chose. Et c'est aussi l'occasion de voir les organisateurs en chair et en os, pas seulement en Zoom (rires). »





