L’art de l’impression 3D

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Maria Lactans (detail)

L’art de l’impression 3D

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Le fait de s’intéresser à l’art ancien ne signifie pas nécessairement rejeter les nouvelles technologies. Depuis 2017, M Leuven explore les possibilités offertes par la numérisation et l’impression 3D. Celles-ci n’ont plus de secrets pour Marjan Debaene et Hannah De Moor, du département Collection.

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Maria Lactans (detail)

Marjan : « À M Leuven, nous nous intéressons en particulier à la sculpture médiévale, et les sculptures sont de toute évidence tridimensionnelles. Ces techniques de 3D et la manière dont elles peuvent être utilisées dans un environnement artistique nous ont donc d’emblée fascinés. En 2017, nous avons réalisé un premier test dans le cadre d’une collaboration avec la fabrique d’église de Haasrode : nous avons étudié la possibilité de scanner et d’imprimer une réplique de l’une de leurs sculptures polychromes médiévales. »

 

La polychromie est toujours la partie la plus coûteuse de la production d’une réplique, même en plâtre. Elle requiert en effet de nombreuses heures de travail. C’est pourquoi nous avons voulu vérifier, avec ces premières statues, s’il est possible de les imprimer en couleurs. Sur le plan technique, cela s’est avéré possible, mais le résultat n’était pas vraiment satisfaisant. La polychromie médiévale témoigne en général d’une finesse, d’une délicatesse incroyable, appliquée en plusieurs couches. Ce qui n’est pas aisément reproductible. Mais c’est bien ça, la recherche. On essaie quelque chose, puis on se rend compte que ce n’est peut-être pas la voie à suivre, du moins pas pour le moment. En l’occurrence, cela nous a amenés à un congrès international sur les applications 3D dans le domaine du patrimoine culturel, au British Museum de Londres. Depuis lors, la 3D ne nous lâche plus. »

Base de données

Hannah : « La numérisation en 3D présente de nombreux avantages. Elle permet, par exemple, d’étudier l’image numérique sans devoir manipuler l’objet lui-même. C’est beaucoup plus efficace qu’avec des photos. Et très souvent, il y a des marques au-dessous de la statue, ou des traces d’établi. Grâce à ces scans, on peut les consulter à tout moment, même si l’objet est exposé ou prêté. Un scan en 3D est aussi facile à partager, même avec un expert à l’autre bout du monde. »

 

« On peut aussi enregistrer les scans dans une base de données afin que des personnes du monde entier puissent les imprimer. Ces impressions sont d’ailleurs très bien adaptées aux activités publiques. Des personnes aveugles ou malvoyantes peuvent les toucher et se faire une bonne idée de l’objet. »

 

« Les impressions en 3D peuvent en outre remplacer des statues précieuses qui sont encore disposées dans des églises où les conditions climatiques ne sont pas idéales, où elles pourraient facilement être endommagées ou volées. Bien que ce ne soit pas si simple : ces objets ont également une valeur religieuse et, pour de nombreux croyants, celle-ci réside précisément dans le fait d’être des originaux. Il y a donc une tension entre la conservation et l’utilisation. Que fait-on dans ce cas ? C’est une question très intéressante, mais certainement pas facile. Il faut examiner chaque cas de manière individuelle. »

Kind in de Mee-maak-kamer van museum M Leuven

© Diederik Craps voor M Leuven

Jumeaux

Marjan : « Dans les milieux du patrimoine, les copies numériques en 3D sont un sujet brûlant. Non seulement pour les musées, mais aussi pour le patrimoine architectural, les ruines, etc. L’idée sous-jacente est de disposer de cette copie numérique, appelée “jumeau numérique”, au cas où d’éventuelles catastrophes diverses – une guerre, le changement climatique ou simplement l’usure du temps – en venaient à nous faire perdre des objets et des bâtiments de grande valeur. L’Union européenne a lancé un projet à ce sujet : Twin it! 3D for Europe’s Culture. »

 

« Dans ce cadre, nous avons fait scanner notre Vierge allaitante, une statue italienne du XIIIe siècle, très précieuse, qui figure sur la liste des chefs-d’œuvre du patrimoine flamand. Lors de l’événement Twin it!, organisé au bâtiment Berlaymont à Bruxelles en mai dernier, l’impression occupait une place prééminente. Et en septembre de cette année, la Communauté flamande en a fait don à M Leuven, afin que nous puissions l’utiliser dans le cadre de nos activités muséales. Une fierté pour le musée ! »

'Maria Lactans' (3D-scan), toegeschreven aan Brioloto de Balneo, ca. 1200-ca. 1225, Collectie Vlaamse Gemeenschap bij M Leuven

'Maria Lactans' (3D-scan), toegeschreven aan Brioloto de Balneo, ca. 1200-ca. 1225, Collectie Vlaamse Gemeenschap bij M Leuven

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Maria Lactans (zijaanzicht)
Maria Lactans, attribué à Brioloto de Balneo, ca. 1200-ca. 1225, Collection Communauté flamande chez M Leuven, source: artinflanders.be, photo: Cedric Verhelst