Playground 2024: Théâtre, danse ou quand même une exposition ?

Image du travail de Reyhan Làl

‘Samuel’, Reyhan Lál, 2024. Courtesy of the artist. 

Playground 2024

Théâtre, danse ou quand même une exposition ?

Imaginez : vous vous promenez dans un musée et entre des sculptures médiévales en bois, vous voyez des danseurs esquisser de petits mouvements, quasi imperceptibles. Dans d’autres salles, vous contemplez une installation ou vous assistez à une performance. Le soir, vous vous rendez au théâtre, où vous arpentez la scène au milieu des décors et des acteurs. Faut-il s’asseoir dans la salle ? Combien de temps faut-il rester ? Est-ce du théâtre, de la danse ou quand même une exposition ?

Image du travail de Reyhan Làl

‘Samuel’, Reyhan Lál, 2024. Courtesy of the artist. 

Explorer la frontière entre les arts plastiques, le théâtre, la danse, le cinéma et d’autres disciplines artistiques : cela ne peut être que Playground. Ce festival interdisciplinaire de quatre jours se tiendra pour la 18e fois cet automne.

 

Playground est une collaboration entre M et STUK. Vous y verrez des spectacles existants et de nouveaux projets, aussi bien de talents émergents ou d’artistes que nous suivons depuis longtemps. Tous et toutes brisent les codes, les structures, les habitudes et les attentes, et vous encouragent à sortir de votre zone de confort. À quoi s’attendre cette année ?

An Verstraete

‘Holly in het museum’ [Holly au musée]

Dans le hall d’entrée de M, l’autrice et créatrice de théâtre An Verstraete installe son atelier lors de Playground. Toute la journée, elle puise son inspiration de ce qu’elle y voit et y entend. À travers un personnage fictif, Holly, elle construit un « théâtre de table » : une sorte de théâtre de marionnettes en miniature avec de joyeux personnages qu’elle fabrique à partir de coupures de magazines et qu’elle épingle. Parfois, les personnages jouent un rôle dans une histoire, parfois ils constituent plutôt le décor. Au cours de la journée, elle prépare plusieurs moments de présentation, ce qui fait que le travail évolue sans cesse.


Le langage visuel de Verstraete est d’une simplicité trompeuse, mais il est sous-tendu par des processus mentaux élaborés. Elle réagit à son environnement avec des images énigmatiques, jetant ainsi un pont entre l’art et le spectateur.

An Verstraete op residentie in CC De Werf, Aalst.

An Verstraete op residentie in CC De Werf, Aalst © Simon Allemeersch

Linda Jasmin Mayer

‘Dove fermarsi?’ [Où s’arrêter ?]

Dans une vidéo, l’artiste italienne Linda Jasmin Mayer explore l’interaction entre l’être humain et la nature. La vidéo Dove fermarsi Où s’arrêter ? montre sept créatures hybrides, des croisements entre humain et oiseau, errant à travers des paysages divers et variés. Chacune des sept créatures combine de « simples » vêtements humains et un masque d’une espèce aviaire spécifique méticuleusement reconstituée par le scénographe Andrea Ferri. Leur comportement s’inspire d’une étude de cette espèce.

 

Le peuple des oiseaux migre à travers des paysages naturels que des interventions humaines ont altérés – chacune des sept espèces d’oiseaux est d’ailleurs menacée d’extinction. Ces créatures sont coincées entre deux mondes et n’appartiennent à aucun d’entre eux. Leur destination est elle aussi incertaine.

 

Lors du festival Playground, M projette la vidéo et expose les masques d’oiseaux. Et à différents moments, les personnages hybrides se promèneront dans le musée.

Film still uit ‘Dove fermarsi’, Linda Jasmin Mayer, 2023

Film still uit ‘Dove fermarsi’, Linda Jasmin Mayer, 2023, beeldrechten: Lina Jasmin Mayer