Quel rôle un musée et son fonctionnement artistique peuvent-ils jouer dans la société ?
Pour aboutir à ce nouveau cadre, vous avez dialogué avec de nombreuses organisations et partenaires municipaux. Comment cela s’est-il déroulé ?
Lore Boon : « M Leuven est subventionné non seulement par la ville de Louvain, mais aussi par la Flandre en tant que musée de la Région flamande dédié au patrimoine et aux arts. Nous soutenons donc à la fois les artistes contemporains et la préservation du passé. Nous avons vu dans ce nouvel accord une occasion de rapprocher toutes ces fonctions. Concrètement, nous avons examiné avec nos différents partenaires et pour chaque thème d’impact, ce que nous pouvions signifier. Autour du thème de l’inclusion, par exemple, nous avons organisé une journée de réflexion, toujours avec divers partenaires – le service de la diversité de la ville, des associations de quartier, mais aussi des acteurs culturels, comme la bibliothèque ou le musée PARCUM, etc. Ensemble, nous avons défini les objectifs à formuler, réfléchi à comment mieux structurer les partenariats et examiné si nos actions étaient adéquates. »
Sigrid Bosmans : « Nous pouvons imaginer toutes sortes d’initiatives autour de ces thèmes, mais certains partenaires municipaux sont plus compétents que nous dans ce domaine. En conjuguant nos compétences et nos atouts avec ceux des organisations partenaires, nous avons affiné nos objectifs. Nous comptons en outre nous réunir régulièrement pour ajuster le tir là où cela se révélera nécessaire. Plutôt que de cocher des cases, nous voulons apprendre comment concrétiser les changements poursuivis. »
Avez-vous des exemples de projets qui génèrent ce type de changement ?
Peter Bary : « Je pense spontanément à notre projet avec l’école primaire Mater Dei à Louvain, dans le cadre duquel M Leuven a commencé à faire office d’environnement d’apprentissage supplémentaire. Les enfants issus de la communauté des nouveaux arrivants ont découvert des méthodes artistiques qui ne sont pas nécessairement axées sur la langue. Cela a un effet positif sur leur bien-être. Le nouvel accord de gestion et coopération vise à pérenniser de tels projets précieux et à permettre à d’autres organisations de développer des parcours similaires. »
Sigrid Bosmans : « Un autre exemple est celui de nos projets d’éducation artistique destinés aux familles dans le jardin de M Leuven, ou celui de savoir-faire en matière de collaboration avec des artistes que nous partagerons avec COBRA, la coopération intercommunale pour la culture dans le Brabant oriental. »
Le nouvel accord de gestion et coopération avec la ville mentionne explicitement un partenariat entre M Leuven et les pouvoirs publics. Reste-t-il encore suffisamment de marge pour l’autonomie ?
Sigrid Bosmans : « Nous opérons de toute évidence dans un certain champ de tensions : on ne veut pas être instrumentalisé. Mais nous avons collaboré sur la base d’une grande confiance réciproque. »
Bert Cornillie : « À Louvain, nous avons une forte culture de coopération et de concertation, et cela s’est une fois de plus confirmé. C’est beau de voir qu’une grande institution comme M Leuven souhaite jouer un rôle dans la ville. De notre côté, il nous semble logique que l’organisation le fasse à partir de son identité et de son unicité ; pour nous, en tant qu’administration municipale, l’autonomie artistique ne peut en aucun cas être remise en question. »

