Trois questions à un M-cène : « Mes hôtes étrangers sont très impressionnés par M Leuven »

© Elisa Maenhout voor M Leuven
Trois questions à un M-cène
« Mes hôtes étrangers sont très impressionnés par M Leuven »
Fred Truyen (65 ans) est docteur en philosophie, professeur d’études culturelles à la KU Leuven, et depuis peu, M-cène. « Une étape logique », déclare le professeur avenant. « Ne serait-ce que parce que je fréquente si souvent le musée. »

© Elisa Maenhout voor M Leuven
« M Leuven se trouve tout au plus à deux cents mètres de mon bureau, et cette petite promenade traverse l’un des plus beaux quartiers de la ville. C’est pourquoi je vais régulièrement y prendre un café, et j’aime aussi y emmener des chercheurs étrangers. Ils sont toujours très impressionnés, surtout par l’interaction entre le classique et le contemporain. Et cela ne concerne pas seulement la collection et sa présentation, mais le bâtiment lui-même aussi. J’ai connu l’ancien Musée Vanderkelen-Mertens, et la transformation qui en a fait ce qu’il est devenu est tout simplement stupéfiante. La création d’une telle ouverture dans un espace aussi restreint fait une très forte impression sur les visiteurs et visiteuses. »
« Ma spécialisation principale est la numérisation patrimoniale, entre autres, celle de collections muséales. C’est ainsi que j’ai noué au fil des ans une relation professionnelle avec M Leuven. Depuis la période du COVID, cette relation n’a fait que s’intensifier : la fermeture au public des musées les a amenés à présenter massivement leurs collections en ligne. Aussi existe-t-il un groupe de valorisation interdisciplinaire, DIGITglam, qui aide les musées dans ce domaine et que je coordonne. »
Quelle est votre partie favorite de la collection ?
« J’ai surtout un faible pour les œuvres classiques. L’art contemporain me parle moins, même si je dois dire que la récente exposition d’Alicja Kwade m’a véritablement charmée. J’espère aussi me familiariser davantage avec l’art contemporain en étant M-cène. »
« Personnellement, j’ai une prédilection pour la peinture du XIXe siècle. Il y a quelque temps, j’ai numérisé une assez grande collection de photos de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Ces premiers photographes avaient un sens aigu de la lumière et de ses nuances. On retrouve cette même attention dans la peinture de l’époque, notamment dans les paysages des naturalistes et des luministes. J’aime venir à M Leuven m’émerveiller face à tout cela. »
Y a-t-il une œuvre d’art qui vous touche en particulier ?
« Oui : Enfant jouant sur la rive – une œuvre du peintre belge Evariste Carpentier, actuellement exposée dans la présentation Collection de M. Le tableau représente une fillette qui se tient au bord de l’eau, pensive, entourée d’un paysage qui la protège pour ainsi dire. Ce paysage, magnifiquement peint d’ailleurs, commence à tendre vers l’impressionnisme – il est un peu flou. »
« Dans un registre tout à fait différent, bien sûr, il y avait dans l’une des récentes expositions organisées à l’occasion des 600 ans de la KU Leuven, À la poursuite de la connaissance, une magnifique mise en scène autour du Chansonnier de Louvain – un manuscrit du XVe siècle qui contient des chants polyphoniques – qu’on pouvait découvrir de manière immersive à M Leuven. C’était du plus haut niveau, tant en matière de fond que de forme. J’ai pu constater l’admiration avec laquelle de nombreux collègues étrangers l’ont regardé et écouté. »

‘Spelend kind aan de oever’,
Evariste Carpentier, ca. 1865-1900,
Collectie M Leuven
© Elisa Maenhout voor M Leuven
Quelle est la plus grande valeur ajoutée d’être M-cène ?
« Difficile à dire, je viens tout juste de le devenir. »
« En fait, j’étais déjà M-bassadeur depuis quelques années. Mais cette formule n’existera plus à partir de juin, et je me suis donc dit : pourquoi ne pas devenir M-cène ? D’ici quelques années, je prendrai ma retraite et cela m’offrira une occupation utile et intéressante. En tant que M-cène, on a en effet un choix de programmes très varié. J’ai surtout hâte de faire la connaissance des autres M-cènes. Le voyage artistique prévu à Grenade m’attire beaucoup, de même que les visites de collections privées. »
« Même si le plus grand avantage est bien sûr de pouvoir se qualifier de mécène moyennant une contribution relativement modique. Pour être tout à fait clair : cela pourrait être revu à la hausse (rires). »

Diederik Craps voor M Leuven
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